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mercredi, 26 mars 2008

Les services Bichat et la mort de Samia

A quarante-quatre ans, Assia vivait comme elle pouvait avec son cancer du sein. En 2003, les médecins avaient procédé à l’ablation et depuis elle devait subir des ponctions régulières d’un liquide qui se formait au niveau de son thorax. Comment s’appelle ce liquide et comment s’appelle cet acte médical ? Je ne le sais pas. La seule certitude est qu’elle vivait une maladie lourde et était une habituée du service des cancéreux. Vendredi 21 mars 2008, elle se trouvait chez sa sœur, à Oued Smar, pour souffler un peu et se remettre des fatigues de cette terrible maladie.

Le même jour, vers 18 h, elle chute et souffre d’atroces douleurs. Sa famille obtient de la Protection civile d’El-Harrach un transport en ambulance aux urgences de l’hôpital Mustapha-Pacha où elle était suivie. Les urgences l’adressent au service d’orthopédie connu sous le nom de Bichat. Les médecins de garde diagnostiquent une fracture du col du fémur et recommandent une hospitalisation et une opération immédiates. Mais la renvoient chez elle parce qu’ils n’avaient pas de lit disponible. Ils recommandent à sa famille d’envoyer quelqu’un le lendemain avec une lettre qu’ils avaient rédigée pour s’assurer d’un lit mais en laissant la malade chez elle, avec ses souffrances et vous imaginez bien quelles douleurs peut provoquer une fracture. Samedi 22 mars, la famille se présente à Bichat avec la lettre. On lui demande de revenir l’après-midi. A 16 h, on l’informe de l’impossibilité d’admettre Assia par manque de place. Raison invoquée : depuis que le nombre de lits est passé de quatre à deux par chambre, les capacités d’accueil ne permettent plus de répondre à la demande. Le père se rend à l’hôpital Zemirli, réputé pour son art en orthopédie (avec le terrorisme et l’autoroute vous comprenez pourquoi). Mais à Zemirli, le ministre, en visite, a ordonné la fermeture du bloc chirurgical et à Maillot, le service est en rénovation. Dimanche 23 mars, dès 9 h, l’entreprise publique dans laquelle travaille son mari met à sa disposition une ambulance. Le plan est simple : à Ben Aknoun existe un service d’orthopédie et y travaille un ami de la famille. Il fallait l’y amener et en même temps envoyer un parent à Bichat pour supplier un prof. A Ben Aknoun, les médecins qui l’examinent expliquent gentiment à la famille qu’elle doit être opérée à proximité du Centre Pierre-et-Marie-Curie pour les raisons évidentes des soins nécessaires à son cancer et l’hôpital de Ben Aknoun ne dispose pas d’un service de cancérologie. L’ambulance transporte la malade dans un service extérieur d’orthopédie qui se trouve dans des cités du quartier du 1er- Mai qu’on appelle les Groupes. Une lettre est remise insistant sur l’urgence d’une prise en charge chirurgicale. Mais à Bichat, rien ne bouge. Alors, en désespoir de cause, le père l’emmène au CPMC où son médecin traitant, une dame, et une paramédicale vont tenter de la faire hospitaliser. Entre-temps, le parent qui devait voir le prof se fait éconduire après deux heures d’attente, sans explication. Un autre parent recommandé par un médecin de Maillot attend trois heures pour voir le chef de service qui refuse de le recevoir, instruisant sa secrétaire de renvoyer le solliciteur en lui disant que le bloc est fermé. Qui dit la vérité, le chef de service qui parlait de bloc ou les médecins qui parlaient de lit ? Il est 14 h. Assia dans son brancard souffre. Elle supplie ses parents de la ramener à la maison car l’envie d’uriner devient un supplice. Mais son médecin traitant et la paramédicale s’obstinent. Elles essayent toutes les voies pour la faire hospitaliser et décident de lui donner un lit au CPMC puis de se battre pour la faire opérer à Bichat. A 18 h, elles lui trouvent un lit et alertent un médecin de la chirurgie thoracique pour lui faire une ponction. Il refuse et ces deux dames vont chercher un autre moyen. Elles y parviennent, mais quel combat ! Quelle souffrance pour Assia qui est épuisée et pour sa famille ! Le lendemain, lundi 24 mars, Assia meurt d’épuisement sans avoir été opérée. Que vous dire de ces profs de Bichat ? Je n’en sais rien. Mais rien n’est plus terrible que de voir une femme médecin se battre pour son malade, à l’intérieur même de l’hôpital avec l’aide d’une paramédicale. De quoi relèvent l’attitude de ces profs et leur froide indifférence ? A vous de réfléchir à la réponse.

M. B. In LeSoir d'Algérie

12:16 Publié dans Coup de Gueule | Lien permanent | Commentaires (7) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

aujourd hui 22 10 2008 j ai fait le meme parcour du feu assia j ai pris une parente a moi depart de la maison a 5h du mat arrivee a zmirli aux urgences des cliches ont ete fait on a decelle une fracture du col du femure le resident m a dit qun il font pas de p t h en urgences il faut prendre un r d v a la clinique tata .j ai decide de la prendre a benak service orthopedie il m ont dit que c est une ancienne f racture il faut une pth e t il ne font qu au maximum 10 par ans.ha j ai contacter un gros bonnet qui a appelle une maitre assistante malheuresment elle a fait toput son pôssible etant donne que ce n est pas son service elle n a pas pus l hospitalise par faute de place

Écrit par : djamel | mercredi, 22 octobre 2008

j ai oublier de vous demander de m aider par ce que ma parente est toujour vivante mais son etats de sante laisse a desire en plus elle est suivit en neurologie de blida pour parkinsonne et elle a une decalsification au niveau de la fractuire probablement a cause de corticoides qu elle a pris pour sa douleures rhumatismale

Écrit par : djamel | mercredi, 22 octobre 2008

c est toujour moi djamel du 22 10 2008.je vous annonce que j ai hospitalise ma patiente dans une clinique prive pour subir une PTHnormalement qui se fait regulierrement dans nos hopitaux tel que zmirli,benaknoune,bichat,et douera bon on va paye une grosse somme mais maaliche,pour le bien etre d une patient age a peine de 51 ans maaliche ,et je dirai merci a nos eminents profs maalich ils sont sur le meme chemin que les generaux qui sont promus par competences!!!!.moi je suis pres d alger et on a les moyens de prendre notre malade dans une clinique prive mais il faut pense a ce qui n ont pas ni les moyens ni les connaissances maarifa alors de grace changez le systeme de paye de nos medecins paar malades consulte ou acte chirurgical car pour vous dire qu un chirurgien qui fait une intervention ou un autre qui fait cinq a la fin du mois toucherront le meme salaire ce n est pas juste et il cherche le reconfort dans les cliniques prive

Écrit par : djamel | mercredi, 29 octobre 2008

Je peux comprendre parfaitement ce que vous aviez subi à l'hopital Mustapha.
D'un côté, j'en ai vu très peu de gens du corp médical qui travaille avec humanité car je peux comprendre s'ils ne sont pas bien payés ou je ne sais pas quoi encore.au niveau du CPMC j'admire le professeur Kamel Bouzid et chapeau pour tout ce qu'il fait pour sauver tout ce monde malade autour de lui.Par contre un HOMME comme lui, tout seul, n'arrivera jamais sans l'aide des médecins et les assistant et même les infirmiers.J'en ai vu une assistante oncologue très aimable, rassurer des malades et recevoir d'autres et surtout répondre à toute personne qui l'intérrogeait dans le couloir, mais à part ça j'ai vu des choses qui m'ont donné des nausées et m'ont laissé penser qu'il ya encore des gens qui ne savent pas errahma comment elle est faite sinon comment expliquer: un infirmier qui perce(sans faire attention)le flacon de l'herceptine d'une personne souffrante d'un cancer agressif et quand cette malade panique en voyant le produit(excéssivement cher)mouiller le sol.Coincée avec l'injection,elle me supplit de faire qqchose.jours tr.vite vers l'infirmier concerné.ce dernier me regarde méchamment et me répond avec une fatalité incroyable: tu viens faire un cirque pour une goutte d'herceptine?je lui ai répondu poliment: la vie de la malade dépend de cette petite goutte.ensuite il a pris tout son temps pour traverser le couloir en modissant le monde.
Une autre histoire au niveau de la radiologie centrale.J'accompagne ma soeur,atteinte d'un cancer du sein pour faire une radio numérique.une dame à la reception me dit:ce n'est pas possible, la radiologie numérique n'est pas disponible pour tout le monde madame,c'est pour des gens cancéreux.J'ai répondu(la gorge sèche)devant ma soeur juste après qu'on lui a annoncé des méta au niveau de l'os:mais c'est le cas madame.Elle n'est pas convaincue,elle rajoute: même c'est pas pour ça que je vais vous laisser rentrer, ils ya des cancéreux qui souffrent de métastases, eux,oui.
Je réponds avec des larmes aux yeux:mais c'est le cas madame.entre temps ma soeur quitte les lieux en pleurant.j'ai demandé à cette dame de me présenter au responsable du service et là elle me dit: voulez-vous parler avec le responsable?jamais.
J'ai vu des malades livrés à eux même et des cas extrêmement sensibles à voir.J'ai bcp pleurer.
Je pense qu'il n ya pas seulement Assia ou Mohamed qui partent par erreur.Inchallah qu'un jour les choses changent et les gens travailleront avec conscience professionnelle et bcp de rahma parce que là c'est bcp et le Professeur Bouzid n'est pas là pour changer les mentalités.Il faut que la rachwa cèsse les fénéants quittent les hopitaux et laisser la place à ceux qui utilise leur coeur avant le cerveau pour aider les malades qui viennent pour voir la lueur d'espoir à l'hopital et non pas les remarque mal placées et l'abandonnement.

Écrit par : selma | jeudi, 13 novembre 2008

c est toujour moi on beau critique ,on a trops ecrit ,mais pour vous dire franchement le probleme ne se pose pas qu a hple mustapha malheureusement c est toute l algerie qui est malade est surtout le secteur publique allez y voir ces medecins ou infirmieres dans le prive et je vous assure que c est les memes mais on dirait qu ils ont subis un lavage de cerveau, ha non y a qu un seul patron, tu travaille ou tu remis ta blouse ,alors de grce donnez les c h u et hopitaux au prive

Écrit par : djamel | mercredi, 20 mai 2009

la medecine :la sante : mais svp fouttez nous la paix on nous agresse jour nuit l etat nous abondonne avec un salaire de minable et vous mais chers compatriotes vous parler a nos coeur malheuresement on nous les refroidis et si je vous dit que si je trouve une ambarcation pour harage je m en vais

Écrit par : djamel | lundi, 28 septembre 2009

comment espérons quelque chose d'un médecin qui touche 30 000da de salaire? la crème de la société matraquée par les policiers?!!! ça ne se fait que dans ce bled! rien que pour exemple ; un medecin examine 100 patients (c'est une moyenne) par garde pour 1000 da la garde!! et en contre partie il débourse plus 600da comme frais (diner, petit déjeuné..etc..)
c'est un GRAND problème qui ne doit pas être vu que par un seul angle... alors soyez réaliste ne demandez pas l'impossible.
et ça sans parler des problèmes de logement,....

Écrit par : abdel | dimanche, 09 mai 2010

Les commentaires sont fermés.

 
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